La personnalisation dans le personal knowledge management

Lors de la première séance, je vous ai présenté une mise en perspective de l’activité via un diaporama. Je reviens sur cette présentation à travers trois diapos floutées et jaunie qui représentent trois moments footbalistiques : un joueur de foot en action, un moment de joie en équipe et un entraîneur.

Aujourd’hui, le joueur de foot est une icône, un modèle sociale qui véhicule une image positive faite de confiance en soi, de réussite et de compétence. C’est aussi une image de la réussite et quelque part également un prolongement ancestrale du culte du héros en même temps que l’incarnation de la loi du plus fort.

Il est aussi aujourd’hui, selon moi,   le symbole de la prééminence accordée à la personne sur l’individu. Ce qui est désormais mis en avant c’est la personne, la personnalité, la personnalisation. C’est à dire l’individu unique en qui est inscrit un comportement, des connaissances et des compétences uniques. Et je crois que le footballeur est l’image même de cette personne, de cette personnalité et de cette personnalisation.

La personnalisation, on la voit bien sûr avec Google, qui veut nous donner ce dont nous avons besoin au moment où nous le voulons en s’appuyant sur notre historique conservé dans ses immenses bases de données avec les risques déjà évoqués ici.

La personnalisation, on la voit aussi dans l’évolution sociale où chacun veut le vêtement que personne ne porte et aussi par exemple dans la multiplication des prénoms des enfants. Combien de prénoms utilisés dans les années 50 et combien aujourd’hui ? Je parie qu’on a multiplié par trois ou quatre la gamme des prénoms disponibles et ce n’est pas le seul fait de l’immigration. Nous devons être chacun une personne ! Et notre enfant aussi ?

Chaque cas devient unique avec bien sur son quart heure de gloire attendue et le renforcement de son identité par la reconnaissance de son unicité. Chaque profil Facebook, par exemple, va rivaliser d’inventivité pour mettre en avant une personne unique faites de traces intentionnellement déposées. Je suis persuadé que la plupart des lycéens jouent ainsi à la manière des gamers personnalisant leur avatar. Il y a quelque part dans cette image un culte de la personnalité appliqué à des millions de personnes et dont chacun serait à la fois le servant et le novice qu’il ouvrirait vers d’autres religions tout aussi unicisante (pas sur que le terme existe mais je trouve qu’il répond parfaitement à la vision que j’essaye d’exprimer).

La personnalisation, je la vois aussi dans le statut d’auto-entrepreneur ou chacun peut construire (ou du moins c’est le message véhiculé) son travail à partir de contrats passés. Je suis le footballeur qui passe un contrat avec un club et qui va changer de club au grès des besoins de ces clubs (pour qui il n’est qu’une variable à salarier) ou de ces propres besoins. Et où on voit que les plus compétents seront ceux qui seront les plus à même de négocier. Serons-nous tous un jour des auto-entrepreneurs ? Je ne sais pas mais le fait que le statut et la possibilité existe est déjà une réponse.

La personnalisation, je la vois aussi dans quelques uns des concepts du web qui nous viennent d’outre manche et plus : personal branding, personal knowledge management, coach personnel etc. Tout devient personnel/personal y compris dans l’éducation puisqu’on parle d’accompagnement personnalisé.

La logique c’est de donner à chacun selon ses besoins. Ou à chacun de prendre selon ses besoins ou de proposer selon ses qualités. A charge pour lui d’être en perpétuelle expansion dans ce domaine. De se mettre dans une logique indéfinie de besoins à assouvir et de qualités à développer. Celui qui s’arrête meurt ! Soit il sera un dieu, soit il sera une étoile oubliée.

Cette notion de réponse aux besoins vient aussi en droite ligne de la gestion de projet et son corolaire le collaboratif. Des besoins à combler sur un projet commun. Un chef de projet (ici le projet c’est le club et le chef des représentant) choisit, selon son projet de jeu des personnes compétentes (le joueur de foot) qui vont pouvoir y répondre que le chef de projet (le coach, le manager) vont se charger de faire jouer ensemble.

Pour revenir sur le personal knowledge management qui est au cœur du cours, cela revient à parler de la responsabilité. Et sur ce sujet, cette responsabilité dont il est question est celle du traitement de l’information au sens très large. Auparavant, dans une logique collective structurée (entreprise, association, armée etc.), qui est celle des Cousteau, Tazieff, etc., les responsabilités se situent au niveau des services. C’est le service qui gère la formation des individus, ainsi que la veille, ainsi que les échanges (la réunion), ainsi que la projection etc. Aujourd’hui, avec l’explosion internet, la responsabilité du traitement de l’information s’est réfugié au niveau atomique de l’individu. Et je crois que c’est la marque de cette nouvelle personne que l’on peut également entendre au sens juridique de responsable.

Il y a, derrière cette notion de personal l’idée que nous sommes désormais dans une logique d’acteurs libres, responsables et conscient de leur liberté qui se mettent contractuellement au service d’un projet (un travail) piloté par un acteur ayant une fonction différente, mais lui même répondant à ce critère de liberté et de responsabilité.

En somme l’atomisation sociale absolue et la fin du libéralisme ?

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